| Stratégies pour améliorer la sécurité du patient |
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Dans le système de santé, on observe un véritable « paradoxe de la sécurité » puisque ses acteurs possèdent en règle générale une grande motivation, de bonnes qualifications et un sens aigu de la responsabilité envers les patients. Néanmoins, les erreurs sont fréquentes et il n’est pas rare que les patients subissent des dommages.
Professeur Dieter Conen (Président de la Fondation pour la sécurité des patients, ancien médecin-chef de Médecine interne à l‘Hôpital cantonal d’Aarau) Fort du constat que la qualité du système de santé – à l’instar des autres industries de pointe – dépend de la qualité des personnes l’ayant conçu, la question de la culture de sécurité s’est posée. Elle s‘inscrit dans un concept de théorie organisationnelle qui doit tenir compte des atouts et faiblesses, des valeurs et de la capacité de soutien des différents acteurs. Une telle organisation se qualifie par une culture de communication ouverte qui préconise un traitement décomplexé des erreurs et des problèmes afin de pouvoir en tirer les enseignements voulus et optimiser les systèmes ou les processus.
Une telle culture de sécurité se heurte à la peur de répercussions professionnelles (réputation), d’actions en justice, de mesures disciplinaires et à la croyance que la défaillance humaine est la principale responsable des erreurs médicales. Le phénomène de « seconde victime » joue, par ailleurs, un rôle essentiel ; l’auteur d’un dommage a lui-même besoin de communication, de conseil et de soutien pour ne pas devenir une victime sujette aux erreurs. Enfin, les organisations rigides très hiérarchisées sont « enclines à commettre des erreurs ». La culture de sécurité ainsi décrite se qualifie par des structures de gestion et une perception claires des tâches de direction, par la définition de processus standardisés, d’une organisation du travail correspondante dotée du personnel adéquat et d’une formation professionnelle et continue axée sur le travail en équipe, qui enseigne et exerce une culture de briefing et de debriefing. Une telle culture ne peut être instaurée que dans un environnement propice à la communication et où cette dernière est également enseignée et exercée. Ces réflexions permettent de formuler les priorités stratégiques suivantes pour le système de santé et ses acteurs : · création d’une culture d’appprentissage dans laquelle les erreurs sont communiquées et des enseignements sont tiré. Dans un tel environnement, la direction connaît les processus clés, fait mesurer les performances et a introduit des instruments permettant d’enregistrer, d’analyser les erreurs et de refléter rapidement les résultats. On ne peut apprendre que dans une culture d’apprentissage qui ne tabouise pas les erreurs, qu’en présence de structures internes soutenant l’apprentissage telles qu’un système de communication (CIRS) ou un FMEA (Failure Mode and Effect Analysis) orienté vers les processus.
Dans un tel environnement, les autres objectifs tels que · la réduction du taux d’infections nosocomiales et · l’amélioration de la sécurité en chirurgie sont des priorités qui coulent de source. Toutefois, la culture de sécurité ne se limite pas uniquement à « l’organisation développée » d’un hôpital, mais concerne également les soins ambulatoires et les institutions stationnaires de soins de longue durée. |
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